Translate

dimanche 1 février 2015

Une santé publique de Qualité sans surcoût



                   Besma Ben Slimene Administrateur en chef de la santé Publique


Un jour, au cours d’une discussion avec un ami sur les problèmes actuels de  notre système de soin, nous avons évoqué l’enjeu de la qualité et l’importance de son application au niveau de nos hôpitaux.
En tant qu’experte dans le domaine de la gestion de soin( 20ans d’expérience sur le terrain), spécialiste dans la qualité des soins et management des services de la santé ( master professionnel de la faculté de médecine de Sousse ), je n’ai pas apprécié l’opinion apparaît certain de mon ami « nous sommes très loin de penser à s’orienter vers une démarche qualité, ça va nous coûter très cher ».
Après une petite discussion avec mon ami, j’ai décidé d’écrire cet article, pour démontrer au public et aux intéressés au secteur de soin public que nous sommes capables d’instaurer un système de management par la qualité dans nos structures hospitalières soient, EPS (Etablissements Publics de Santé), soient EPA  (Etablissements publics  à caractère administratif).
Il suffit d’avoir la volonté qui sera engagé par le nouveau Gouvernement. Nous  pouvons y arriver en se penchant sur le changement du style de leadership existant, caractérisé par «le laisser aller laisser faire », vers l’instauration d’un style de leadership démocrate, basé sur l’approche participative, qui active la culture du travail en groupe, en vue de résoudre les problèmes et les dysfonctionnements existants, afin d’améliorer la prise en charge du patient.
Actuellement, nous pouvons commencer par une approche participative qui ne nécessite qu’une décision politique réelle, et une orientation stratégique. En attendant un changement au niveau des textes juridiques, tel que le statut de la fonction publique, qui doit être basé sur les droit fondamentaux de l’être humain, la liberté individuelle et la notion de la motivation, afin de mobiliser toutes les compétences d’atteindre l’objectif à réaliser.
Dans cet article, je vais m’intéresser au côté coût lié à la gestion par la qualité. En essayant d’être claire, simple pour bien cerner le sujet. Je vais parler d’abord du coût de la non qualité supportés actuellement par nos structures hospitalières. Ensuite, le coût nécessaire pour instaurer un système de qualité, afin de démontrer que nos établissements sont capables financièrement de mettre en place un système de management par la qualité, sans avoir le besoin à une accréditation, c’est une manière de gérer.
Avant de commencer, il faut d’abord définir ces organismes publics de soin  concernés en faisant référence à leur situation juridique et financière.
Quels sont ces organismes publics de soins ?
Si nous classifions ces organismes d’un point de vue juridique, nous pouvons parler de deux grandes catégories, à savoir les EPS entrant dans la catégorie des EPNA (Etablissement Public à caractère non administratif) et les EPA.
Ces deux grands types de structure sont en liaison directe avec le Ministère de la santé ; Disposant tous d’un personnel soumis au statut de la fonction publique, ayant les mêmes droits et les mêmes obligations ; Gérés par des directeurs administrateurs ayant les mêmes qualifications avec une légère différence d’ancienneté ; Ayant les mêmes procédures de prise en charge des malades, tels que les régimes de couvertures sociales ; Soumis tous à la même réglementation intérieur des hôpitaux, à savoir le décret relatif au règlement intérieur des hôpitaux : Décret N°1634-1981 du 30 novembre 1981, et au même programmes nationaux, tel que le programme national de périnatalité et de conduite, afin de standardiser la prise en charge d’une parturiente ; Ayant tous les mêmes sources de financement à savoir, le budget de l’Etat, la Cnam la contribution des malades, et d’autres ressources variés selon les Hôpitaux, comme les loyers des buvettes, la vente d’équipements non utilisables (Procédure très négligée à cause du système existants).
La seule différence existante au niveau de cette classification et que la première catégorie représentée par les EPS, est gérée par la comptabilité générale, une procédure de souplesse, donnée par le législateur, à l’occasion de la première réforme de mis à niveau au cours des années 90,  qui a touché ces organismes universitaires, afin de faciliter et simplifier la gestion financière, pour éviter les dysfonctionnements liés à la lourdeur des procédures de la comptabilité publique, procédure, existante actuellement au niveau des EPA, malgré la  réforme qui a touché ces organismes au niveau des hôpitaux régionaux sous l’intitulé du projet sectoriels.
Les EPS sont tous des structures universitaires, les EPA sont classés en trois catégories à savoir : la première ligne représentés par  les Groupements des soins et de santé de base ( GSSB), et  Les hôpitaux de circonscription,  la deuxième ligne représentée par les hôpitaux régionaux.
Quel est le coût de la non qualité de notre système de soin actuel ?
I-Le coût du système de soin actuel.
Le coût de la non qualité est  le coût de défaillance, qui est traduit par  la manière de gérer le système actuel :Au niveau des  décisions politiques stratégiques formelles, engageant des dépenses publiques ;Au niveau du  style de gestion arbitraire et ambigu, existant  actuellement au niveau de ces organismes publics. 
1/Coût des décisions politiques formelles actuelles.
Depuis la moitié des années 90 jusqu’à nos jours,  aucune démarche qualité réelle, n’a été instaurée au niveau de notre système de soin, ni une volonté politique réelle, s’orientant vers le développement du système, à l’instar d’autres secteur public. Le lancement même de l’INAS,  ( l’Instance national d’accréditation de santé )  en 2012,  qui nécessitait l’affectation  d’un budget important, pour l’installation de cet organisme,  a été  suite une à décision politique formelle et arbitraire, et non pas un résultat d’étude politique stratégique préétablie, pour être parmi les solutions envisageables pour améliorer le système, prises selon les critères de faisabilité financière, technique, réglementaire et surtout d’efficience.
Une démarche qualité, nécessite une relation transversale et non pas verticale, un travail en équipe, afin d’exposer les problèmes, de les prioriser, et de trouver des solutions adéquates et réalisables, qui ne coûtent qu’une motivation,  non pas nécessairement en terme d’argent mais de reconnaissance et d’estime de l’autre.
Cependant notre Ministère à chaque fois, en voulant corriger le système, et  en continuité de cette politique formelle, il  nous  bombarde par d’autres nouvelles  unités et directions administratives, soient au sein du Ministère même , (le décret n°81-793 du 9 juin 1981,portant organisation des services de l'administration centrale du ministère de la santé publique .), soient au sein des Directions régionales, soient au sein des établissements sanitaires .
Prenons l’exemple le plus récent au niveau du Ministère, en examinant ce décret ci-dessus mentionné   , nous pouvons déduire à travers la dernière réforme du décret,      (décret n°2014-3939 du 24 octobre 2014) que le Ministère actuel,  a engagé l’Etat d’un budget énorme, dans la mesure où chaque unité est géré par un cadre  responsable, ayant les privilèges au moins d’un directeur, ou d’un directeur générale,  et qui sera assisté au moins, par deux autres cadres ou quatre, ayant les avantages et les privilèges, de la responsabilité qui vient directement au dessous .Ces nouvelles unités doivent aussi être affectées par d’autres ressources humaines et matériels nécessaires pour leur fonctionnements.
Examinons ces unités et les fonctions qui leurs sont attribuées, nous pouvons  toute de suite constater que ces unités aient  des fonctions et des tâches similaires aux différentes directions administratives déjà existantes mais qui ne sont pas mobilisées. Au moins trois exemples sont à citer :
* créer une unité de promotion de la santé bucco-dentaire, afin d’élaborer une stratégie globale, visant à promouvoir la santé bucco-dentaire, sous la forme d’une direction générale déguisée, nous incite à se demander sur le rôle de la DGSP ? (Direction Générale de la Santé Publique) et plus précisément le rôle de la sous-direction de la qualité qui s’y attache et qui a été créé en 2000 ?, ainsi que le rôle de la DGSSB  (Direction Générale de soin et de santé de base) .  Nous nous demandons aussi sur le rôle de la DEP (Direction des Etudes et de Planification) ,
est ce que son rôle,  se limite à éditer une fois tous les trois ans une carte sanitaire, où un livre sur les informations statistiques du système de soin ?.
* pour coordonner les activités  des directions régionales de la santé, et ceux des EPNA, est ce que nous avons  besoin, d’engager de nouvelles dépenses, pour la création d’une nouvelle unité, qui aura les mêmes missions qu’une direction déjà existante à savoir la DGSSP  ( Direction Générale des Structures Sanitaires Publiques), qui était créée depuis 2006, qui est censé faire le suivi des EPNA  ( Etablissement publics à caractère non administratif ) et des EPA (Etablissement Public à caractère administratif) , c’est la solution la plus facile et qui coûte le plus de dépenses.
Nous nous demandons, est ce que cette décision politique est considérée la meilleur solution, en terme d’efficience, pour corriger le système ?. Selon quels critères ils ont choisi les personnes qui vont gérer ces unités  ?....beaucoup de questions qui se posent, et qui ont besoin des réponses.
On peut simplement affirmer que les décisions politiques stratégiques   continuent à fonctionner selon les normes, les valeurs et la culture  enracinée depuis des années loin des   exigences explicites ou implicites du citoyen.

Le coût de la non qualité aussi, est extrêmement lié au style de gestion arbitraire et ambigu, existant  actuellement au niveau de ces organismes publics.

2/le style de gestion des Hôpitaux
En effet, Ces coûts de défaillances qui touchent directement la gestion des Hôpitaux peuvent être classés en deux  catégories de défaillances externes et internes :
*Les défaillances externes , ou les défaillances liés à l’environnement externe de l’organisme tels que ;L’ ambiguïté au niveau de la prise en charge des fonctionnaires publics bénéficiant de la gratuité de soin au niveau de leur statut ; La facturation forfaitaire avec la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (Cnam), et les problèmes qui en découlent, suite à l’ambigüité des textes, et la préférence du secteur privé par la Cnam, puisqu’il  s’assure un suivi dans une démarche qualité ; La pression régionale liée au contexte politique, sociale et économique, pour la prise en charge des malades indigents, sans des pièces justificatives ; La réticence de paiement par les malades vis-à-vis de l’ambigüité des textes, et des procédures de recouvrement  à appliquer au niveau des Hôpitaux, telles que l’élaboration des traites, qui est un effet de commerce utilisé au niveau du droit  cambiaire, peut-on l’utiliser au niveau des EPA, puisqu’ils sont gérés par la comptabilité Publique ? . Partant de cette Hypothèse, on suppose seuls les EPA, ne peuvent utiliser ces procédures par contrainte d’enfreindre la loi, cependant on constate, que ces procédures, ne sont pas appliquées par la plupart  des EPS, qui sont gérés par la comptabilité générale, pourquoi ? et c’est la raison pour laquelle que la plupart des Hôpitaux, ont toujours un déficit budgétaire en augmentation continue.
*Les défaillances internes, sont les défaillances liés à l’environnement interne de l’Hôpital tels que ; la mauvaise répartition des ressources humaine et matériel ;La Mauvaise organisation architecturale des locaux ;L’excès d’autonomie des professionnels de la santé, à cause de l’absence des moyens de contrôle, et de surveillance ; L’absence du concept de travail en équipe ; Le progrès technologique incompatibles au développement des compétences, à tous les niveaux ; La lourdeur Des procédures de gestion financières,  liée à la  Comptabilité Publique concernant les EPA, et l’absence du contrôle continue  des procédures financières au niveau des EPS ;  L’absence d’une culture de signalement de risque, et de retour d’expériences, afin d’éviter le récidivisme des erreurs dans tous les établissements hospitaliers ;  L’absence de l’implication du personnel dans la prise de décision, au niveau central et au niveau régional ; Un gaspillage de fournitures consommables, dans l’absence totale des outils de gestion et de contrôles ; Le  gaspillage et la fuite  des médicaments, et des accessoires,  à cause de l’absence des méthodes d’évaluation et de contrôle, comme l’approche par processus ; La moyenne d’occupation de lit est toujours élevée, ce qui augmente les dépenses pour chaque hospitalisation, à cause de la mauvaise organisation de la prise en charge médicale du malade,  due d’abord  à  l’absence  des enquêtes de type clients-fournisseurs internes, menés pour évaluer les interfaces, entre les différents intervenants, au niveau du service même, et au niveau des autres services en interaction, à l’instar des plateaux techniques, tels que le laboratoire et la Radio , et ensuite, due à l’absence des méthodes de gestion pertinentes, telle que l’hospitalisation pertinente.   
Toutes ces défaillances, engendrent une continuité infinie, d’augmentation de dépenses, sans avoir parvenue à satisfaire, une partie des exigences de l’usager du service de soin.
Cette  situation de faite, caractérisée par une gestion bureaucratique, axée sur les moyens de financement, engendre continuellement une hémorragie de dépenses difficilement contrôlée.
Le coût de risque, de notre service de soin, calculé à la suite de la survenue des événements indésirables graves, est supposé très gonflé, faute d’existence d’un système d’information fiable, et d’un système de signalement nous ne pouvons pas calculer ce coût. Cependant, si nous prenons les Etats Unis en tant qu’exemple, Des études récentes, ont montré que le coût total des (EI ) événements médicaux indésirables évitables, varie entre 17 et 29  milliards de dollar ; les infections liées aux soins de santé occasionnent chaque année, des pertes estimées entre 7 et 8,2 milliards de dollars. Nous pouvons constater qu’une gestion d’un service de soin dans un pays fondé sur des principes des droits fondamentaux de l’homme, un pays qui peut être un model à suivre au niveau du style de gestion, qui supporte un tel coût à cause des (EI ), sachant que ces mêmes études ont démontré que 70% des causes de ces (EI) sont dues à la communication,60% à la formation, 40% à l’évaluation du patient,  23% au personnel , 20% à la disponibilité de l’information 18% à la compétence, 18% aux procédures, 15% à l’environnement physique,  13% à la continuité de soin ,  12% à l’organisation, 9% au système de signalement.(Cours gestion de risque,  Dr Iheb Bou Gmiza, Mastère qualité des soins, Faculté de Medecine Ibn Ejjazzar – Sousse2010).Je me contente à poser cette question :Que pouvons nous dire sur la Tunisie ?.

Si cette situation continue ainsi, nous risquons de perdre les acquis de ce service, en parvenant à une étape où l’Etat ne peut plus gérer les dépenses publiques, une situation qui sera accentuée, par la fuite des malades solvables et aisés vers le secteur privé.
Quel est notre choix ? une politique qualité est un défi actuellement, alors, quels seront les coûts qui peuvent être  engagés pour instaurer cette démarche politique qualité ?


II-Coût de la gestion par  la qualité
le diagnostic de la situation actuelle, est une conséquence logique de la réalité vécue, d’une gestion caractérisée par l’arbitraire, les conflits d’intérêt, l’égoïsme, loin d’une logique qui se base sur une démarche de vision claire s’intitulant en trois question principales : où sommes nous ?. où voulons nous aller ?. comment faire pour y parvenir ?.
La qualité est une démarche, qui  se base sur le principe de l’efficience puis l’efficacité
Le coût de la qualité peut englober deux étapes différentes, le  coût de préparation à la mise en place d’un système de management par la qualité, et le coût d’avoir un plan de suivi et d’évaluation.
1/Le coût de la mise en place d’un système de Management par la qualité(SMQ)
ces coûts peuvent s’avérer énormes, lorsque nous sommes dans un processus d’une certification, comme l’ISO 9001.Dans notre cas du service de soin public,  nous nous intéressons beaucoup plus à la manière de gérer, aux valeurs partagées, aux motivations réelles des  gestionnaires, à l’affectation des compétences, à la valorisation du fonctionnaire, au rappel à la discipline, à l’apprentissage par l’expérience, c’est un engagement pour changer la mentalité, c’est un défi inévitable. L’engagement politique pour un intérêt collectif est primordial. Le système de soin public est équipé par une infrastructure en bâtiment considérable, (22 EPS et plus que 34 Hôpitaux régionaux), un équipement satisfaisant, ( quasi-totalité des Hôpitaux sont équipés des blocs opératoires et des plateaux techniques) et en personnel généralement hautement qualifié, en paramédical, juxta médical et médical, à l’exception de quelques lacunes des spécialités à l’intérieur du pays, dû à la fuite des médecins vers le privé à cause des conditions de travail, le nombre des gestionnaires de la santé ou des administrateurs de la santé, est en croissance continue. Nous pouvons alors s’orienter vers une qualité efficiente. Deux grands problèmes qui affectent le service de soin public, le financement et la mauvaise prise en charge des malades. La majorité des professionnels de la santé, demandés à propos des problèmes de mauvaise prise en charge des malades au niveau des Hôpitaux, expliquent ce dysfonctionnement, par le manque du personnel, et le manque du matériel. C’est la réponse due au lien logique le plus facile. Quand un surveillant ne trouve pas un chauffeur en urgence, pour transporter un bon de sang ou un malade.  il ne va pas se demander combien il y on a de chauffeurs ?, quels sont leurs affectations ?, quels sont leurs horaires de travail ? et même s’il le demande il ne va pas être répondue ?d’après le gestionnaire c’est une affaire qui ne  concerne que seulement le Directeur.
Donc, la cause de  ce problème, dans cet exemple aussi simple, ce n’est pas en réalité, le nombre des chauffeurs, mais la manière d’affectation des chauffeurs. Si on ne trouve pas un infirmier, qui accompagne le malade dans une ambulance, et le surveillant ou le chef du service déclare qu’il n’a pas d’infirmier, et que cette affaires de distribution des infirmiers, ne concerne que le service, et que le directeurs n’a pas le droit d’y intervenir, et que ce service en parallèle n’a pas un tableau d’affectation du personnel claire, et selon les tâches, comment, nous allons résoudre le problème ?nous allons tout simplement dire qu’il y a un manque du personnel…,Pour résoudre notre problème nous voulons plus de nouveaux  personnels, c’est exactement la même politique utilisée au niveau centrale, dont nous avons parlé ci-dessus . Laissons de côté ce qui ne marche pas, et optant vers la création d’autres ressources (Structures, Directions, Personnel..)
Un malade est venu en urgence, il doit être hospitalisé, l’urgentiste est bloqué, il consulte le chirurgien qui refuse l’hospitalisation par ce qu’il ne s’agit pas de chirurgie, il consulte le pneumologue, lui aussi il refuse, ce n’est pas un cas de pneumologie non plus, le cardiologue aussi, la réanimation non plus…quelle est la solution ? ou bien, l’urgentiste, selon, ses  efforts personnels et humains, il essaye de trouver une orientation ailleurs, ou bien, le malade est laissé en  attente, pendant des heures  aux urgences, en attendant l’intervention du surveillant général, du chef de service des urgences, du directeur de l’Hôpital etc.…chacun travaille tout seul en l’absence de la coordination, du travail en équipe. Cette situation est une conséquence, d’une part, de la culture néfaste de la part des professionnels de la santé  existante, basée l’égoïsme et l’intérêt, qui bloque la communication, d’autre part, l’affectation  à la tête des hôpitaux, des gestionnaires  non qualifiés, manquant de compétences, bloquant ainsi l’instauration des outils d’affectation des malades aux services, selon des critères objectifs préinstallés en équipe, tels que ceux utilisés pour avoir une hospitalisation pertinente.
Un malade est venu dans un hôpital régional, équipé d’un plateau technique considérable, il a besoin d’un acte radiologique spécifique, d’un scanner…mais..L’appareil est en panne, premier reflexe, il n’y a pas de matériel !, mais… quelle est la cause de cette panne ?, en réalité, parfois une pile qui ne coute rien, mais à cause de l’absence de l’entretien, l’absence du contrôle, la négligence du matériel, l’absence du suivi, de la communication, le matériel est en panne pendant des moins…
Ce sont d’exemples de problème quotidiens, qui entravent le service de soin, et qui ne nécessitent pas forcément  un budgets énorme  pour faire face à ces problèmes, mais, par contre, il faut s’orienter  vers une meilleur exploitation des ressources en choisissant d’autres manières de gestion..Nous n’avons pas évidement d’autres choix ! si non, nous ne sortirons jamais de l’auberge !!.

2/Coût de suivi et d’évaluation.
Quant au coût du plan de suivi et d’évaluation, qui nécessite d’implanter des procédures d’audit interne, et d’appel à l’audit externe d’une personne tierce. Les organigrammes des EPS mentionnent tous des unités d’audit interne, qui existent    mais malheureusement, ne sont pas fonctionnels, pour plusieurs raisons, liés essentiellement à la culture de la peur face à l’excès du pouvoir des professionnels, à la négligence de la valeur de transparence par le système.  Un budget est toujours affecté par la loi  afin d’effectuer un audit externe, mais qui ne se limite que sur le côté procédures financières. Les organigrammes des EPA mentionnent aussi des unités de qualité de soin mais qui ne sont pas fonctionnelles, puisque la nomination à ces postes ne se faites plus sur des critères de compétences et de qualification, mais sur des critères, de loyauté et d’obéissance au chef hiérarchique.
  L’INAS est aussi,  actuellement, une instance existante fonctionnelle qui peut accomplir cette mission.
Conclusion
Ce sont des conditions qui ne nécessitent  qu’un engagement  politique réel, une volonté de changer, et une motivation profonde basée sur l’amour de cette patrie et de servir son peuple. Ce secteur est plein de compétences écartées à cause de l’héritage de la culture  des vingtaines années passées.
Le coût de la gestion par la qualité est un mythe, c’est une excuse inventés par des parties qui ont le pouvoir et qui bénéficient du système tant qu’il est ambigu et loin de la transparence.
Recommandation
Pour moi six  conditions sont nécessaires pour parvenir à corriger le système :
1/Instaurer un style de leadership démocrate, au niveau de chaque Etablissement. Cette condition est intimement liée au choix des dirigeants des structures hospitalières, et à leur motivation interne,  qui doivent être exemplaires et le montrer, afin de communiquer, et de faire comprendre, à l’ensemble des personnels les objectifs, et orientations, de l’organisme, et de s’impliquer, dans le management par la qualité ; En établissant une vision claire, une politique et des objectifs stratégiques, cohérents avec la finalité de l’organisme ; En communicant les valeurs d’appartenance à l’organisme, et de transparence ; en créant un environnement propice à l’implication et au développement du personnel.
2/Impliquer le personnel à tous niveaux(Administrateur, Médecin, Technicien, Infirmier et Ouvrier) dans la prise de décision, afin de leur motiver et de leur impliquer dans la réalisation des objectifs de l’organisme, de leur faire participer à l’amélioration continue, et de faire prendre conscience à chaque salarié de sa contribution personnelle, et à la performance global de l’établissement ; En identifiant les besoins et attentes   du personnel de la santé, en terme de reconnaissance, de satisfaction professionnelle et de développement individuel ; En encourageant l’implication et le développement des personnes à travers, la tolérance à la formation continue, la définition des responsabilités, des objectifs individuels, et de l’équipe, la reconnaissance et la récompense, en créant les conditions qui encouragent l’innovation, en communicant les suggestions et les résultats. Pour résumer il faut écouter tout  le personnel.
3/S’orienter à écouter le client, le client pour le service public de soin est le citoyen, usager, consommateur, malade, parturiente, accompagnant.afin de cerner et comprendre ses besoins et attentes, de développer le sentiment de confiance ; En identifiant ses besoins et attentes implicites et explicites.
4/Instaurer un système de gestion par processus, afin de réduire les coûts , d’utiliser efficacement les ressources existantes, d’améliorer en continuation les résultats sur des mesures objectives ; En identifiant et gérant les activités, en définissant le rôle  et les tâches des personnes, En mettant en place des indicateurs pour chaque processus, en analysant et mesurant les résultats de chaque processus, et en évaluant les risques, conséquences et impacts des activités sur les parties intéressées.    
5/Instaurer une mentalité d’amélioration continue du système, en faveur du consommateur, et non pas une gestion de peur, basée sur le principe d’appliquer la loi, hors des interactions dues aux innovations politiques, sociales, économiques et philosophique,  influençant l’organisme, si les textes existent, évidement, si non,  s’abstenir à trouver une solution, en cas de lacune de texte légale,  sans donner de l’importance aux conséquences, qui peuvent en découler ; En réagissant avec souplesse et rapidité face aux opportunités, en déterminant, en prévenant et en remédiant, aux causes de non-conformité et en accroissant ainsi la satisfaction de  client, celui interne, à savoir le personnel de l’établissement, et externe, à savoir l’usager du service.
6/Utiliser une approche factuelle pour la prise de décision, fondée sur l’analyse de données et d’information, en vue de démontrer l’efficacité des décisions, par références à des données factuelles et enregistrées, et de développer continuellement la connaissance de l’organisme ; En identifiant les besoins en information ;En identifiant et avoir accès aux sources d’information internes et externes ; En convertissant les informations en connaissance utiles pour les organismes ;  En utilisant les données, les informations, et les connaissances utiles pour établir  des stratégies, et atteindre les objectifs ; En garantissant la fiabilité et la sécurité des données et informations.
Ces conditions peuvent être réalisables, à la suite d’expression d’une volonté réelle de la part du nouveau gouvernement. Plusieurs associations, établissements peuvent contribuer à la formation du personnel, avec des prix abordables ne couvrant que les dépenses essentielles, à l’instar de la faculté de médecine d’ibn Eljazzar de sousse, dont son doyen Dr Ali Mtiroui  est un militant pour instaurer un SMQ, au niveau de la santé Publique, l’université du magreb, l’association Tunisienne de droit à La santé, présidée par Dr Amel Awij…Sans oublier les cadres de la santé qualifiés exclus du système par une majorité ayant le pouvoir, luttant contre la transparence, et la neutralité.



             




  





Aucun commentaire: